Dag/journée 5   19-02-03   Du mal à croire que l’on peut encore penser à l’avenir

Mercredi 22h23. Question: A votre avis, comment peut-on parvenir à me combler de bonheur? Réponse: Le contact avec les enfants. A 8h10, à dix et Anis comme traducteur, nous prenons trois taxis en direction d’une école populaire pris au hasard dans Baghdad. On lève trois fois la main et par coup de baguette magique, les trois premières voitures s’arrêtent à notre niveau. Quel hasard? Mais non…Ici, tous les chauffeurs répondent présent à la demande. Non pas en guise de courtoisie ou par acte de solidarité mais bien par nécessité. C’est entre autre, une façon de parvenir à s’en sortir financièrement. Sans aucune réticence, le Directeur nous ouvre ses portes d’une manière majestueuse. Avec nos caisses remplies de matériels scolaires, nous franchissons le couloir pour aboutir dans les classes.

Je pense que je n’arriverai jamais à vous décrire les moments forts de cette rencontre. Tous les élèves chantonnent à très haute voix et en coeur sur leur bien-aimé Président. L’émotion est partagée par tous. Je ne sais plus où donner de la tête; les enfants ont le sourire aux anges. La maîtresse émue, traduit les messages des dessins de paix réalisés par nos enfants Belge. Très vite, ces petits bonshommes nous renvoient de beau dessins fait sur le tas. Les institutrices ont du mal à croire que l’on peut encore penser à l’avenir et au sort de leurs enfants. La rencontre avec tous les enfants de l’école a durée toute la matinée. (je vous laisse imaginer le bonheur).

12h. Nous prenons le thé chez Abou Zaïd (le chauffeur). Il tient absolument à nous inviter en prenant le soin de ne pas oublier les deux autres chauffeurs. Par le biais d’Anis, nous vivons les moments forts de la vie de cette famille. Abou Zaïd nous explique notamment que nous avons de jour comme de nuit et en permanence, une coupure de courant électrique de deux heures à intervalle régulier de quatre heures. Si la guerre devait à nouveau voir le jour, Abou Zaïd, se verra contraint de rester chez lui. Sa jambe de bois (perdue contre la guerre en Iran) ne lui permet plus de défendre son pays. Beaucoup de fierté ressort de chez lui lorsqu’il nous parle de son fils de 12 ans. Celui-ci à obtenu avec succès son certificat d’aptitude à manier les armes…

16h. Départ du jogging international pour la paix. Des clubs de sports de Baghad se sont mélangés aux délégations étrangères. Le coup d’envoi est donné. Benoît, alias Ben Oït, notre sociologue et philosophe de Belgique sprint les 100 premiers mètres avec le drapeau Belge. Très vite, il me donne le relais. Les couleurs de la Belgique d’un côté du drapeau. De l’autre, les couleurs de la Palestine. Personnellement, je livre le même combat. Mon coeur bât toujours pour nos frères Palestiniens. "Reconnaissance d’un état Palestinien avec pour capitale Jérusalem". Le dessin calligraphique "Entrez tous dans la Paix" de Karim Chaal faisait office de dossard. Tout le long de la course, j’étais fier de porter haut le drapeau Belge.

Au pied du Bâtiment de l’ONU, le champion nationale Irakien franchit la ligne d’arrivée. Mais rassurez-vous, la deuxième place revient à la Belgique. Je suis très content d’avoir couru pour les jeunes Irakiens au côté d’un champion national. Car, la paix à travers le sport nous unis tous pour toujours. Inchallah.

La journée s’est clôturée par une réunion très enrichissante qu’a pu obtenir notre courageux Benoît avec le représentant en Irak de l’UNICEF, Monsieur Carel de Rooy. 

A nouveau, il est bien tard: 1h30. Demain, de nouvelles écoles non réhabilitées nous attendent... Gros bisous à Tonton Jean-Marc, Gaëlle et mon petit frère Ahmed.

Amar

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