Dag/journée 6  20-02-03  Il me remet sa médaille d’or
                                                 du championnat universitaire

Bien reposé, j’assiste à la conférence sur le rôle de la Jeunesse dans le mouvement international pour la paix. J’en profite pour travailler mon journal de bord avec un PC portable sur les genoux. Chaque délégation prend la parole. A la fin de la journée, une équipe composée de différents représentants rédigera les conclusions du séminaire.

La richesse de notre groupe.

Pendant que nous étions quelques-uns à la conférence, le reste de notre groupe s’est complètement éparpillé…

Un groupe de 10 à 12 personnes est parti visiter une école de filles. Encadré par la RTBF, Fatiha me dit qu’elle est outrée par la façon dont les journalistes posaient certaines questions. Les premières furent ouvertes mais les suivantes étaient ciblées. Fatiha : «Â Je ne voyais pas l’impact des réponses que j’allais donner. »

Hafed raconte le contenu des dessins des enfants irakiens (nous en avons récolter plus de 500) :

      ·Â Â Â Â Â Â Â  Bush dessiné comme un vampire aux longues dents, avec le ventre rempli d’enfants.
·Â Â Â Â Â Â Â  Un autre dessin montre des enfants marchant sur le drapeau américain.
·Â Â Â Â Â Â Â  Un autre dessine un chien avec comme tête le visage de Bush.

De manière générale, les dessins montre énormément de chars, tanks, hélicoptères envoyant des bombes sur des maisons ou sur des palmiers. Le drapeau irakien est aussi omniprésent sur les dessins. Ces enfants entre 5 et 10 ans n’ont jamais rien connu d’autre que l’embargo et les agressions militaires américaines. «Â La vérité sort de la bouche des enfants » dit un dicton populaire. Je pense que les USA ne parviendront pas à asservir ce peuple vaillant, courageux et fier !

Willie (secrétaire médicale de La Louvière) me raconte la visite d’un hôpital : 

«Â Â Nous avons été directement reçus par la direction. Nous étions 8 et avons apporter des vêtements et des jouets pour les petits enfants malades. Une aile de l’hôpital est réservée aux Palestiniens, ils sont pris en charge par le système social irakien. Magnifique preuve de solidarité. Un homme blessé par une balle DUM-DUM va perdre un oeil. Lors d’une manifestation d’une 100aine de personnes, l’armée israélienne a tiré et blessé des dizaines de personnes. Dans la presse, il ne restait que 3 blessés. »

  Le médecin recevant le groupe raconte : «Â Il nous est impossible d’aller suivre des formations médicales à l’étranger. Le salaire moyen irakien équivaut à 2 Pepsi-Cola européens ! »

  Willie termine en me disant ceci : «Â Je sais tout ça avec ma tête mais le voir c’est autre chose. Certains enfants de l’hôpital n’ont plus que 4 jours à vivre, 1 mois. Ils ont entre 4 et 10 ans. Mon ventre tourne, je deviens malade en voyant la situation et l’Etat des enfants. »

Basra

Ville bombardée chaque mois par les Américains. Enormément d'uranium appauvri. Un autre jeune de firegym me dit qu'il tombe encore 35 morts par mois dans cette région par les bombardements. C'est la population la plus touchée par l'uranium appauvri. Enormément d'enfants sont victimes de malformation!!

17h: visite d'un centre sportif

Installé dans un quartier pauvre de Bagdad, le centre s’occupe de + de 2000 jeunes ! La capacité du centre est estimée à 4000. Les différents sports pratiqués sont surtout le foot, le volley, la boxe et le basket.

Je discute avec le manager de l’école qui refuse mon aide concrète d’envoi de matériel. Ils reçoivent 24 ballons de foot par mois, 16 de volley et de basket. Nous devrions passer par le ministère de l’éducation et des sports si nous voulons envoyer du matériel car le gouvernement éparpille l’aide internationale équitablement à travers les différents centres sportifs.

Tennis de table et fraternisation

Il y aussi 2 joueurs de compétition de tennis de table. Il font partie de l’équipe universitaire de Bagdad. Je suis aux anges. Moi-même moniteur, j’enlève mon pull et joue pendant ¾ d’heure avec le champion de l’université de Bagdad.

La rencontre est très émouvante, le second étant aussi professeur d’Anglais, nous discutons de la guerre, de l’embargo, mais aussi des conditions d'entraînement. Ils n’ont qu’une seule raquette de compétition pour tous, les autres apprennent avec des raquettes de moins bonne qualité. Ils ne possèdent qu’une table pour jouer. Notre jeu est assez spectaculaire et les jeunes viennent voir qui est ce jeune européen défiant le champion de l’université. Avant de partir, celui-ci me remet sa médaille d’or (en «Â toc ») du championnat universitaire, je n’en peux plus, les larmes me montent aux yeux. Je craquerai complètement dans le bus.

Le professeur d’Anglais rédige un petit texte à l’intention des jeunes dont je m’occupe en Belgique. J’espère pouvoir remettre officiellement la médaille à mon président de club et l’accrocher dans le «Â club house » de notre salle.

J’espère garder le contact et créer une fraternité entre mes jeunes et les jeunes irakiens. Nous verrons, je ne suis pas seul à décider.

Je m’appelle Rida Lans et mon ami Nabel. Nous sommes ravis de rencontrer votre moniteur Christophe. Ce présent seulement pour vous souvenir du bon moment passés ensemble et pour vous aider à vous souvenir de nous. Souvenez-vous de tout le peuple irakien. Ce peuple est très chouette. Nous sommes très heureux de vous avoir rencontrer.

Ahd Alrida Ahd Alamer
Bagdad University
College of education
IBN Rushd - Forth stage - Section – C -.
Tél. : 414.14.86

21h: Déambulation dans les rues de Bagdad avec 4 jeunes.

Tranquilles, mains dans les poches, nous sommes à la recherche d’un bon petit resto dans la rue Arafat, rue animée et populaire de Bagdad. Son nom est donné en l’honneur du dirigeant palestinien. C’est une vrai détente pour moi. Nous voyons des couples se promener amoureusement. Je découvre aussi de nouvelles personnes du groupe que je ne connaissais pas encore très bien. Ils me touchent beaucoup.

Hafed me raconte la fierté qu’il éprouve quand il reçoit un jeune, confronté au cannabis, dans la salle de boxe. 3 mois plus tard, ce jeune est complètement clean, simplement par le sport ! !

  Nous rigolons sur l’insécurité. Mohammed blague et dit : «Â Tu vois, c’est dangereux les pays arabes, on n’est qu’à 5 et on va sûrement se faire agresser. »

  J’achète un Domino au marché pour pouvoir jouer avec mon neveu Sacha (2 ans). Il faut marchander le prix. Si tu ne marchandes pas, le vendeur ne sera pas satisfait, il prendra cela pour une marque de supériorité. Le fait même de marchander crée un dialogue entre le vendeur et l’acheteur. En s’accordant sur le prix, nous pouvons discuter de pleins de choses ensemble. C’est un moyen de contact et de dialogue. Il en voulait 8000 dinars, je l’ai acheté pour 5000 (2.5 euro) et je pense qu’il a fait vraiment une bonne affaire !

Christophe

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