Journée  - 7 -   La semaine passée

Ce voyage en Irak n’est pas une mince affaire. Nous aurons 50 inscriptions, tout à l’heure c’en était encore 44, entre temps 50. On avait clôturé les inscriptions le dimanche 2 février mais entre temps des dizaines ont renoncé et autant d’autre nous ont rejoint. Je viens encore de recevoir un mail de Cigdem, qui étudie à Leuven et qui aimerait venir avec nous. En fait on est complet mais bon…si elle y tient elle pourra remplacer quelqu’un. Le jour d’après on la rencontre et elle s’inscrit. Avec sa copine elle pense pouvoir rassembler encore quelques dessins. Soyons honnête, ce serait trop bête de partir à 49 si on pourrait être  50.

Jan, Ikram et Joke se tuent à arranger tout les visas. En mettant deux chaises sous la table de massage du kiné on improvise une table de sorte à ce que Abderzak et Younes aient aussi un bureau pour remplir les formulaires de demande de visa. Hamid négocie les prix du transport et essaye de nous arranger un visa gratuit pour la Syrie. Il traduit encore vite l’écriteau qui sera mis en arabe et anglais sur le bus qui nous mènera de Damas (Syrie) à Bagdad. L’ écriteau est : «Â International Peace race Baghdad » et «Â Belgium delegation ».

Sophie ne peut pas nous accompagner. Sa mère ne veut pas la laisser partir et après un tas de discussions à la maison et une nuit où elle s’est torturée l’esprit, elle décide de ne pas partir. Elle est un peu abattue mais reste combative : j’irai bien un jour, mais que puis-je faire entre temps, comment puis-je vous aider ?

Le téléphone n’arrête pas de sonner à Fire Gym et elle devient notre responsable de la presse. Elle prépare les interviews avec Carlos. Dans le quart-d ‘heure qui suit on entend déjà la voix de Carlos à la radio et un peu plus tard c’est à la Dernière Heure qu’elle donne un interview au téléphone. Carlos lui parle de la recherche que nous avons entamé sur l’ADHD (Hyper kinésie). «Â Nous voulons plus d’ argent pour l’éducation, plus d’argent pour le sport à l’école » explique Carlos. Aux Etats Unis il y a 9.000.000 d’enfants qui sont soi-disant hyperkinétique, au plus qu’on épargne dans l’enseignement au plus qu’il y en a, c’est une maladie inventé (imaginaire pour citer Molière), c’est la maladie de la négligence de l’éducation. Sophie est étudiante en médecine et propose de prendre se sujet à cœur avec ses collègues-étudiantes.

Dans tout le pays les jeunes arrivent à se faire interviewer par la presse. Sven va paraître dans le journal du dimanche au Limbourg. Lise et Sim dans le «Â Gazet van Antwerpen » et seront interviewé sur ATV après avoir participé à la tentative d’arrêter les transports d’armes Américaines par le port d’Anvers. Carline non plus ne peut être contenu, ce voyage donne a chacun des ailes.

Entre temps il y a Khalid qui demande de l’aide pour distribuer les dépliants. Il avait participé au voyage précédent et est déterminé à récolter du soutien pour le peuple Irakien.

Après un entretien avec l’Imam il reçoit l’autorisation pour faire un appel à la solidarité après la prière du vendredi. Samedi il ira parler aux enfants qui suivent des cours d’Arabe à la Mosquée et leur demander s’ils peuvent faire un dessin.

En sortant je rencontre Akhim, il a 17ans et voulait déjà venir avec la  première fois mais ne pouvait pas déplacer ses examens. Lui aussi est allé visiter des écoles et nous ramène des dessins. Karim est un jeune boxeur et membre de Fire Gym nous a déjà récolté tout un tas de dessins et il y en aura encore nous rassure-t-il. En passant il me confie : ça à l’air d’être un groupe fantastique.

Il semble que nous allons atteindre notre but de 300 dessins.  

Mercredi soir on est invité à la maison de jeune «Â Chicago » au cœur de Bruxelles. Mohammed y travaille en tant que moniteur de sport et organise une réunion sur notre premier voyage en Irak. Il me glisse une 20aine de dessins d’enfants dans les mains. Je remarque que j’ai beaucoup de crédit auprès des jeunes. Il m’offrent la possibilité de leur raconter l’histoire de mon voyage et ils écoutent attentivement. Carlos et moi nous nous complétons. Des explications sur le slogan «Â pas d’argent pour la guerre en Irak ou ailleurs, plus d’argent pour l’éducation et le bien-être de l’enfant » mèneront à une discussion sur les maisons de jeunes et leur fonctionnement. Ne serait-il pas mieux que l’enseignement remplisse certaines tâches au lieu de les transférer vers les maisons de jeunes comme les «Â classes de devoir ». La discussion à laquelle les jeunes participent tout autant que leur moniteurs continua jusqu’au petites heures. A cet occasion Houssain s’inscrit au voyage et Mohammed retourne avec dans son sillage d’autres jeunes.

Jeudi soir un groupe restreint s’est réuni pour constituer ce qui devrait être le noyau dirigeant du voyage . Fire Gym a demandé à Lesley d’en faire parti. Elle travaille à «Â Ecole Sans Racisme » en veut organiser avec son collègue Mohammed un cours sur l’Irak, le terrorisme, l’Islam et le racisme. Oui, l’école est un instrument d’éducation et ne peut demeurer en reste au moment qu’une guerre risque d’éclater. Nous faisons une liste de toutes les tâches qu’il y a et regardons qui pourrait faire quoi. Tom, membre de la direction quotidienne  du Fire Gym, guidera le voyage et essayera de donner à chacun une place. Ce n’est pas le travail qui manquera. Studio Brussel (le radio21 flamand) nous offre 50 minutes de radio, tandis que ATV nous prête une camera pour faire des images. Et la liste est longue. Chacun aura de quoi faire, ne serait-ce que veiller à ce que tout le monde soit réveillé à temps le matin.

Non il y a quelque chose de beau qui grandit ici. Des jeunes qui prennent «Â le monde » en main. Ne craignant pas de retrousser les manches. Ensemble ils y travaillent, garçons, filles, francophone et néerlandophone, de quelque origines qu’il soient. C’est le commencement de quelque chose de nouveau, de grand, qu’on ressent de tout son corps.